domingo, 7 de junio de 2020

NOUVEAUX VISAGES DE JUSTICE POSTMODERNE

Avec ces derniers évènements survenus partout dans le monde, il me semble que nous sommes en train de vivre une histoire racontée déjà il y a plus de deux mille ans; je me réfère à ce qu'une foule annonce partout dans l'univers. En annoncant qu'un homme innocent meurt en étant humilié, blessé sous le regard de la population du monde entier. En prononcant les derniers mots, avec toute la douleur exprimée chez un être humain, au moment où il exprime son besoin de respirer, le besoin qu'une mère puisse lui venir en aide; mais il est mort sous les regards silencieux de ceux qui l'abandonnaient dans son malheur, son silence, son assassinat.

Quelquefois j'ai entendu que "La voix du peuple est celle de Dieu". Un peuple occupant les rues manifestant contre la mort de cet innocent, de l'injustice parfois silencieuse parfois prononcant le nom de la victime parfois permettant que d'autres avec des colères differentes, se cachent parmi la foule pour transgresser et voiler sa rage, sa colère, ses haines masquées.

C'est impressionant de voir des jeunes, la main levée, montrant leur désaccord face à la mort inhumaine d'un des leurs : des jeunes face à des gradés armés de la police les regardant droit dans les yeux leur parlant avec la voix de la raison, sans aucune insulte, pour leur rappeler que ce sont aussi des hommes, des êtres humains à part entière. Il semblerait que l'histoire de nouveaux prophètes se répète sur les visages d'autres hommes qui, éclairés par une immense foule qui réclame ce qui est fondamental dans une vie à savoir le respect, la valeur qui nous unit tous et nous faire sentir notre appartenence à cette humanité.

Mais c'est aussi impressionant d'entendre et de voir, comment les familles et les victimes appellent au calme, appellent à honorer le nom de leurs morts, sans aucune violence, sans aucune haine, sans aucune "destruction" des autres pauvres victimes face à la haine désordonnée, mais dans le respect de ceux qui s'adressent aux autres avec ordre et justice, enlever son chapeau pour parler avec délicatesse et vénération aux familles blessées. Impresionnant  de voir les hommes armés mettre un genou à terre devant les jeunes eux aussi agenouillés, sans aucune défense, pour réclamer simplement justice. Il semblerait qu'il y ait une confusion de sentiments, ou mieux, la confusion pour comprendre que finalement nous ne son un ni deux ni trois ni quatre mais que nous sommes tous ensemble un seulement : L'humanité, notre humanité.

Je reste paralysé en constatant le silence des chefs qui par moments ne savent pas lire le coeur du peuple; ils confondent sentiments de force, de peur, de proximité, de faux sentiments de compassion ou de solidarité, se rendant ainsi ridicules et insignifiants. Les jeunes ont montré le chemin en se parlant les yeux dans les yeux, ils ont permis que l'homme postmoderne exprime sa sensibilité au-delà du superflus.

Je reste interloqué en voyant un jeune homme seul respectant chacun des militaires qui eux cachaient leurs visages derrière des casques de combat et des masques à gaz, un simple jeune habillé en rouge, qui parlait sans haine, avec calme à chaque militaire, dont l'unique protection était un masque de santé servant à éviter la contamination des maladies.

Ces jeunes semblent être le nouveau visage des prophètes du bien, d'autres qui prennent des risques, il semblerait qu'une force supérieure les accompagne,maintenant ils n'ont aucune peur, ils ne craignent pas de perdre, maintenant ils savent que c'est mieux d'être solidaires plutôt que d'être cachés et solitaires, attendant la mort pendant qu'ils se croisent les bras, regardant le mal progresser tout proche.

Qu'il est bon ce message porté par une nouvelle humanité, recu en plain visage avec raison et pourquoi pas une nouvelle manière de croire de sentir et d'exister.

"I CAN'T BREATHE" (George Floyd)

Jesús Hernando Camacho Mosquera (Trad. R. Prouff) 

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